Domaine du Design Industriel

Qu’est-ce que le design industriel?

Définition de l’ICSID – 2002

L’International Council of Societies of Industrial Design (ICSID) définit le design industriel comme étant « une activité créatrice dont le but est de présenter les multiples facettes de la qualité des objets, des procédés, des services et des systèmes dans lesquels ils sont intégrés au cours de leur cycle de vie. C’est pourquoi il constitue le principal facteur d’humanisation innovante des technologies et un moteur essentiel dans les échanges économiques et culturels.

Les fonctions

Le design a pour objectif de découvrir et d’assurer des relations structurelles, organisationnelles, fonctionnelles, sensibles et économiques, qui permettent de :

Le design s’attache à des produits, des services et des systèmes conçus au moyen d’outils, d’une organisation et d’une logique impulsés par l’industrialisation – même lorsqu’ils ne sont pas fabriqués en série. Appliqué à la conception, l’adjectif «industriel» doit être associé au mot industrie ou à sa signification de secteur de production, voire à son ancienne définition «d’activité industrieuse».

L’objectif

À elles toutes et de concert avec d’autres professions complémentaires, ces activités devraient souligner encore davantage la valeur de la vie.
Ainsi, le designer exerce une activité intellectuelle et pas simplement un métier ou un service destiné à des entreprises.

Profession designer industriel : son rôle

Le designer industriel doit concevoir et développer physiquement l’objet en plus d’anticiper le marché futur. Sa réflexion est orientée avant tout vers l’humain.

Le rôle du designer est déterminant tout au long du cycle de vie d’un produit puisque son apport mène à une intégration adéquate des aspects fonctionnels, formels et symboliques.

De façon générale, son rôle se décline ainsi:

Statistiques sur la profession*

Le Québec occupe une place prépondérante dans le secteur du design industriel au Canada. En effet, Statistique Canada y a recensé 3 180 designers industriels en 2006, comparativement à 7 070 dans le reste du Canada. Entre 1996 et 2006, le taux de croissance moyen du nombre de designers industriels était de 11% au Québec, comparativement à 6% pour le reste du Canada.

Les données du recensement de 2006 révèlent que 65% et 7% parmi l’ensemble des designers industriels du Québec résidaient respectivement dans les régions métropolitaines de Montréal et de Québec alors que 28% habitaient les autres régions de la province. De plus,

Comparativement aux données du recensement de 2001, la proportion des travailleurs autonomes est passée de 12% à 19%. De plus, le pourcentage des designers industriels travaillant à plein temps dans le secteur des services professionnels et technique est passé de 19% à 29%

* Gosselin, Nancy, Les travailleurs du design au Québec, MDEIE, mars 2010

Typologie des pratiques professionnelles

D’après deux récentes études*, le design industriel s’exerce selon trois pratiques distinctes:

Le designer en entreprise

Lorsque le design industriel est effectué à l’interne, il relève souvent des fonctions de la recherche et développement, de l’ingénierie ou directement de la direction générale de l’entreprise. Le président-directeur général de l’entreprise est très souvent engagé dans les activités d’amélioration ou de développement de nouveaux produits. On observe davantage cette dernière caractéristique dans les PME, laissant supposer, dans certains cas, que ces activités sont considérées comme stratégiques au sein des entreprises. Cette pratique suppose que le designer est intégrés à une équipe multidisciplinaire et, selon ce niveau d’intégration, qu’il détient un niveau d’autonomie variable pour la gestion du processus. L’obligation de rentabilité du produit exige que le designer industriel adapte constamment sa pratique.

Le designer industriel consultant

Cette pratique est axée sur l’autonomie du designer tout en considérant les besoins du client fabricant. La performance du designer est ici axée sur les caractéristiques du produit selon la perspective du « design » mais également selon sa rentabilité.

Le designer-producteur

Il s’agit d’un créateur qui a entrepris de produire des biens et de les mettre en marché.

Cette troisième pratique est définie dans un récent rapport du professeur, chercheur et membre de l’ADIQ, André Desrosiers.

Dans cette pratique, le designer maximise son autonomie et sa capacité à gérer l’ensemble du processus de conception, de développement et de fabrication de produit. L’étude prétend également qu’il a tendance à axer sa performance sur les caractéristiques du produit (esthétisme et fonctionnalités ) plutôt que sur le succès commercial à court terme.

À la suite de ses entretiens avec plus de 60 designers, le professeur Desrosiers dégage plusieurs retombées économiques pour ce type d’entreprise : création d’emplois, succès commercial, potentiel à l’exportation, taux de survie supérieur à celui de la moyenne des entreprises manufacturières du Québec. De plus, il propose cinq catégories, dont l' »artisanale », qui représente le plus de chances de succès, nécessite peu d’investissement et a un propension à devenir une entreprise de niveau industriel.

 

*Institut national de recherche sur la PME, Étude sur les pratiques professionnelles des designers industriels québécois, septembre 2007.
*Desrosiers, André, Les designers-producteurs au Québec, septembre 2009.

Cette information est tirée du guide du MDEIE, Le DESIGN INDUSTRIEL au Québec – UN OUTIL STRATÉGIQUE DE COMPÉTITIVITÉ ÉCONOMIQUE